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IRCEC

IRCEC

Messagepar Jellybean » Jeu 17 Mai 2018 14:04

Bonjour à tous,

L'IRCEC augmente, c'était nécessaire, mais je ne comprends pas pourquoi le taux de cotisation était si bas jusqu'alors. Par qui, pourquoi et quand a été prise la décision de nous faire cotiser si peu toutes ces années ?
Je ne connais pas d'artistes retraités, comment vivaient-ils jusqu'ici ? Qu'est-ce qui a changé ?

Théoriquement, un indépendant intégrera l'augmentation de l'IRCEC dans ses tarifs pour ne pas léser son pouvoir d'achat mais concrètement, la rémunération au forfait non négociable est de plus en plus répandue (c'est particulièrement vrai dans l'édition) et risque de devenir la norme dans les années à venir.
Que penseriez-vous d'une participation obligatoire des clients pour financer la retraite des artistes, comme le 1.1% contribution diffuseur ?

Dernière question : les auteurs dont les oeuvres sont dans les réseaux de médiathèques ont la chance de voir leur IRCEC prise en charge à 50% (c'est l'occasion de cotiser au plus haut palier !), mais est-ce ad vitam æternam ? Ca doit coûter énormément aux médiathèques, y a-t-il une limite de temps, ressources, etc. ?
Merci.
Jellybean
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Messagepar alyzarin » Jeu 17 Mai 2018 22:53

jamais entendu parler de cette prise en charge... Comment faut faire ? tu as plus d'infos ?
alyzarin
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Messagepar Yamo » Ven 18 Mai 2018 00:26

Bonjour,

Tout ça est expliqué dans les documents et sur le site de l'Ircec : pour les auteurs dits du livre, la Sofia prend en charge la moitié des cotisations Ircec au titre du prêt en bibliothèque.

Pour le reste c'est un large débat, sur lequel les avis divergent mais où voici le mien très résumé :

Depuis un siècle, des générations d'auteurs édités ont été complètement paternalisés par des éditeurs qui ont tordu les relations commerciales jusqu'à y prendre les pleins pouvoirs, et notamment celui de décider de leur rémunération (à savoir, des miettes), bien qu'ils restent légalement des "indépendants".

Cette dégradation a été involontairement provoquée par un régime - celui des auteurs - extrêmement favorisé en terme de cotisations (à vrai dire, le plus avantageux du pays) d'une part, et d'autre part par le manque total de clairvoyance des auteurs eux-mêmes qui ont pris ce très faible taux de cotisations (quelques centaines d'euros par an pour la retraite, par exemple) pour une invitation à pratiquer et/ou accepter des tarifs parfaitement grotesques, bien en-dessous de leur seuil de rentabilité ou de n'importe quel équivalent de salaire minimum, contre l'insigne honneur d'être édité quelque part quoi qu'il en coûte.

À leur décharge, ce ne sont pas les formations, totalement muettes sur les questions de droits et d'argent, qui auraient pu leur apprendre à être un peu moins démunis face aux professionnels du commerce que sont, par essence et plus que jamais, les éditeurs.

Résultat : lorsqu'il apparaît évident que le régime de retraite des auteurs est un cul de sac et qu'on leur demande "seulement" de cotiser sur une base un peu plus normale (mais qui reste, précisons-le, toujours inférieure à celle de n'importe quel autre statut), ils ont tellement baissé leurs prix qu'ils en sont tout simplement incapables.

Et l'inévitable se produit alors : au lieu de se demander si, après tout, il est bien normal que les auteurs d'un livre ne se partagent que 6% ou 8% de ses ventes hors-taxe, ou qu'un auteur de BD puisse bosser un an à temps plein pour un forfait de 6000€ quand il a de la chance, ils se plaignent... de leurs cotisations, jugées "trop élevées". Puis ils retournent bosser pour des clopinettes à engraisser les intermédiaires d'un marché qui n'a jamais été aussi riche.

Du coup :

Que penseriez-vous d'une participation obligatoire des clients pour financer la retraite des artistes, comme le 1.1% contribution diffuseur ?


Que penserais-tu d'artistes qui commenceraient enfin à se poser les bonnes questions, finiraient par se rendre compte qu'ils sont avant toute chose des indépendants (un statut qu'ils ont choisi), et intégreraient leurs cotisations dans leurs prix pour établir une politique tarifaire viable comme le font tous les autres indépendants normaux ?

Parce que sinon, si on veut que toutes ses cotisations obligatoires soient payées directement par ceux qui nous emploient, il existe déjà un statut très bien pour ça : ça s'appelle le salariat. :)

Je précise que je suis moi-même auteur, que moi aussi ça me fait mal au cul de voire mes cotisations Ircec passer de 400 balles par an à 8% de ce que je gagne, mais que comme, à la différence de tant d'entre nous, j'ai toujours bon gré mal gré facturé assez pour marger, vivre correctement et mettre un peu de côté, je survirai à ce changement, par exemple en arrêtant le plan de retraite privé que j'avais initié pour payer à la place ma retraite publique (ce qui, à la réflexion, n'est pas forcément pour me déplaire dans le principe puisque je suis très attaché à une gestion publique et mutualiste de nos régimes sociaux, versus la tendance actuelle à pousser tout le monde vers la capitalisation privée à l'américaine - et oui cette réforme de l'Ircec ressemble furieusement à une réforme de gauche, on a tellement plus l'habitude qu'on sait plus les reconnaître).

Évidemment, une bonne partie des auteurs (et surtout ceux du livre, qui ont la tête dans le guidon d'un vélo fonçant dans le mur), s'arracheraient les cheveux en me lisant et me traiteraient - paradoxalement - de suppôt du capitalisme déconnecté des réalités du statut, sauf que ça fait 15 ans que je suis auteur indépendant et que jusqu'à preuve du contraire c'est pas moi qui suis le plus dans la merde aujourd'hui.
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Yamo
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Messagepar Jellybean » Ven 18 Mai 2018 10:55

Alyzarin >> pour moi ça a été automatique dès le début de ma carrière d'auteure en 2006. Ca ne veut pas dire qu'on est automatiquement inscrit à la SOFIA, ce qu'il faut faire très vite pour éviter que les droits de prêts en bibliothèque ne soient envoyés direct à l'éditeur.

Yamo >> Merci pour ton avis, c'est très intéressant !

J'entends souvent ce discours sur les auteurs (surtout de BD) passifs et plaintifs. On a un peu l'image des gentils cons des métiers de l'art.
J'avoue que je croise parfois en dédicaces des auteurs totalement paumés et has-been mais ça a bien changé avec la génération d'auteurs qui ont commencé leur carrière avec la crise du livre.
Autour de moi, je vois des gens débrouillards, qui se forment en permanence, échangent et s'associent, négocient des mois leurs contrats, jonglent entre les plans boulots complémentaires ou dégotent des aides publiques pour compenser les clopinettes des éditeurs, qui bouclent un album en 6 mois, qui militent au SNAC pour faire bouger les choses, etc.
De toute manière, aujourd'hui il n'y a plus d'auteurs à temps plein, on est tous graphistes, illustrateurs, animateurs, boardeurs, etc. à côté.
Il est temps qu'on change notre image, l'époque du vieux garçon auteur qui fait ses petites aquarelles pendant des mois sur des amazones les loches à l'air est révolue.

Je suis d'accord pour tenir responsable les auteurs de leur situation, mais il y a eu un vrai problème systémique dans l'édition (BD) dans les années 90 quand les éditeurs ont décidé de changer de modèle économique pour vendre leur marque et du papier au kilos au détriment des oeuvres. Je passe sur le business des rachats de centrales de diff/distrib' pour faire des bénéfs sur les mises au pilon sur le dos des libraires, breeef les éditeurs ont aussi bien plombé leur secteur en mode "Après moi le déluge".
C'est pour les tenir responsables de leurs choix catastrophiques que je songeais à cette participation obligatoire aux cotis' IRCEC. Certes, les auteurs ne sont pas salariés, mais les éditeurs ont entretenu un système tacite de semi salariat déguisé en imposant les clauses d'exclusivité dans les contrats (certes en théorie négociables, mais la rigidité autoritaire de certains éditeurs rend les négociations quasi-impossibles, et c'est pas faute de batailler). Bref, c'est pas si simple que "les auteurs sont vraiment des glands".

Mais on est d'accord, la réforme de l'IRCEC est une bonne chose et les auteurs devraient refuser leurs conditions de travail dégradées plutôt que de blâmer notre précieux système de protection sociale.
Perso, j'essaye activement de me passer à 100% des éditeurs tout en continuant à créer (Patreon, full numérique, auto-édition...).
Et ça va régler la question de l'IRCEC définitivement car pas d'éditeur = pas de droits d'auteurs = pas d'AGESSA = pas d'IRCEC :D
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Messagepar Yamo » Ven 18 Mai 2018 12:02

Autour de moi, je vois des gens débrouillards, qui se forment en permanence, échangent et s'associent, négocient des mois leurs contrats, jonglent entre les plans boulots complémentaires ou dégotent des aides publiques pour compenser les clopinettes des éditeurs, qui bouclent un album en 6 mois, qui militent au SNAC pour faire bouger les choses, etc.


Il y en a, évidemment et heureusement ! Je n'ai néanmoins pas forcément l'impression que cette attitude soit la plus répandue chez les auteurs édités (ou en tout cas chez ceux qui prennent le plus la parole).

Je suis d'accord pour tenir responsable les auteurs de leur situation, mais il y a eu un vrai problème systémique dans l'édition (BD) dans les années 90 quand les éditeurs ont décidé de changer de modèle économique pour vendre leur marque et du papier au kilos au détriment des oeuvres. Je passe sur le business des rachats de centrales de diff/distrib' pour faire des bénéfs sur les mises au pilon sur le dos des libraires, breeef les éditeurs ont aussi bien plombé leur secteur en mode "Après moi le déluge".


Je suis parfaitement d'accord avec ça.

En aucune façon je ne dis que les auteurs sont les seuls responsables de la situation (il est évident que les grands éditeurs, qui se sont auto-remplacés par des commerciaux, ont largement et activement renié leur mission première dans leur quête de profit). Je ne dis pas non plus qu'il existe des solutions simples et toutes faites en mode "yaka", et prétends encore moins connaître lesdites solutions.

Tout ce que je dis ici, c'est que pour arriver à peut-être un jour trouver les solutions, il faut déjà que les auteurs commencent par identifier les vraies causes de leurs problèmes. Et je dis que non, leur taux de cotisations n'en fait pas partie.

Tant qu'ils en resteront à se plaindre de l'État et de leur Ircec, le système qui abuse d'eux (avec leur consentement plus ou moins conscient) continuera à se frotter les mains, et la situation à empirer.

Certes, les auteurs ne sont pas salariés, mais les éditeurs ont entretenu un système tacite de semi salariat déguisé en imposant les clauses d'exclusivité dans les contrats (certes en théorie négociables, mais la rigidité autoritaire de certains éditeurs rend les négociations quasi-impossibles, et c'est pas faute de batailler).


Là encore, je suis parfaitement d'accord : les auteurs édités d'aujourd'hui, dans certains secteurs, se retrouvent avec le pire des deux mondes salarié (subordination, dépendance, ingérence créative, etc) et free-lance (précarité totale, absence de visibilité, etc), sans aucun des avantages. Pour moi on n'est parfois pas très loin d'une situation de salariat dissimulé. Et je pense même pour aller jusqu'au bout de mon raisonnement que oui, en vérité, on devrait peut-être se poser la question des fondements du statut de l'auteur édité, et pourquoi pas envisager une forme de salariat pour eux.

Seulement comme tout un secteur économique repose sur cette iniquité monumentale, je présume qu'aucun dirigeant ni décideur n'aura jamais ni l'envie ni le courage d'aller y mettre un coup de pied. C'est pour ça que je pense que les auteurs perdent leur temps et leur énergie à interpeller sans cesse les ministres de la culture et autres présidents en espérant qu'ils viendront les sauver.

Perso, j'essaye activement de me passer à 100% des éditeurs tout en continuant à créer (Patreon, full numérique, auto-édition...).


Ça aussi c'est une très bonne piste, même si elle est semée d'embûches car tout est à construire, et demande beaucoup de compétences hors des "simples" compétences d'auteur. On ne peut donc pas une seconde imaginer (ni même souhaiter) que demain, tous les auteurs soient auto-édités. Par contre, l'idée d'auteurs qui se rassembleraient ou mutualiseraient leurs efforts sur de nouvelles bases pour monter un système plus juste car débarrassé de ses intermédiaires inutiles, c'est peut-être le mieux qu'on puisse espérer oui.
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Messagepar Jellybean » Sam 19 Mai 2018 15:42

On est bien d'accord.
Un nouveau système est à inventer et il ne faudra pas compter sur les éditeurs ni les pouvoirs publics pour mettre la main à la pâte.
Le numérique/internet ouvre des portes pour l'autonomie des artistes en désherbant les intermédiaires gourmands et ça permet l'émergence d'oeuvres dites "de niche" qui n'auraient jamais vu le jour si seuls les éditeurs décidaient. Grâce à l'AFDAS ou l'auto-formation, il est facile de se former aux nouvelles technos, on n'a plus d'excuse pour ne pas se diversifier.
Sur ces bonnes paroles, c'est l'heure d'envoyer mon chèque à l'IRCEC !
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Messagepar johnno » Sam 9 Juin 2018 10:59

L'augmentation de l'ircec une bonne chose pour les artistes?

Franchement, vous êtes des moutons du système à ce point pour applaudir une telle augmentation?


Rohlala :cry: :cry: :cry: :cry:

Meme en prenant en compte cette augmentation dans vos tarifs, selon la tranche de vos revenus, les revenus sont tellement fiscalisés qu'il va falloir rajouter beaucoup , beaucoup, beaucoup, sur vos factures pour compenser ne serait-ce que la moitié de l'IRCEC.
Faites des calculs..avec cette reforme, vous êtes et serez perdants...car actuellement c'est 8 %, mais dans 5-10-15-20.. années, à combien ce taux sera? mais comme vous êtes des petits moutons biberonnés par l'état français depuis tellement d'années, vous croyez tout ce que Papa et Maman État vous promet...

"ce qui, à la réflexion, n'est pas forcément pour me déplaire dans le principe puisque je suis très attaché à une gestion publique et mutualiste de nos régimes sociaux, versus la tendance actuelle à pousser tout le monde vers la capitalisation privée à l'américaine - et oui cette réforme de l'Ircec ressemble furieusement à une réforme de gauche, on a tellement plus l'habitude qu'on sait plus les reconnaître"


Quand l'ircec sera à 12 puis 16 % avec l'alignement des régimes de retraite décidé par le gouvernement Macron car c'est ce qui se profile...
on verra si tu seras toujours très attaché à la "gestion publique et mutualiste de nos régimes sociaux" :cry: :cry:

C'est très déplaisant de vous lire messieurs les "artistes", vous êtes donc prêts à vous faire tondre par l'état sans broncher ?
johnno
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