ok d'abord je crois qu'il faut préciser que cet article parle principalement (à mon avis) d'un certain type d'agences, les dites "grosses" de Paris, qui bien qu'elles occupent une part importante du marché ne sont pas forcément représentatives, dans leur fonctionnement et leurs problématiques, de toutes les webagencies du pays.
maintenant que c'est précisé, exactement comme Kob, je suis plutôt d'accord avec les constats de l'article (cotoyant beaucoup d'agences de ce genre et y connaissant pas mal de monde je constate fréquemment une partie d'entre eux de visu), celà-dit je serais moins prompt à les dresser en généralités absolues, et encore moins à en tirer les mêmes conlusions.
concernant ces prédictions un peu apocalyptiques, pour moi même si ces glissements hors-agence se font parfois, il est peut-être un peu prématuré de parler de réelle tendance. à mon avis c'est pas demain la veille que les budgets de com, fussent-ils en ligne, échapperont en masse aux grosses agences, parceque malgré tous leurs "défauts", elles restent quand-même les meilleures ne serait-ce que par leurs ressources internes, leur expérience et leurs réseaux, pour mettre en place des stratégies globales d'ampleur nationale ou internationale.
je ne dis pas forcément que c'est un mal d'ailleurs, ces agences structurent le marché et posent des repères, et je n'ai foncièrement rien "contre" elles (tant que je ne suis pas obligé d'y bosser en salarié

).
parfois effectivement on se prend à souhaiter qu'elles prennent moins de place par automatisme du client et laissent plus de budget aux plus petites structures, mais on est quand-même pas en situation de monopole, certaines agences de taille réduite extrêmement créatives savent encore aujourd'hui décrocher de sacrés budget au nez et à la barbe des mastodontes du secteur, ou à défaut travailler avec elles...
je note par ailleurs que certains commentaires sont tout aussi (voire plus) intéressants et pertinents que l'article lui-même, certains sont manifestement écrit par des gens qui savent de quoi ils parlent.
au rang des réfléxions que j'y partage totalement on trouve :
- le fait que ce problème structurel de compétences vienne en bonne partie du fait que le "métier web" soit encore un concept un peu étranger à beaucoup d'agences, qui ont cru qu'il suffisait de filer Flash à un DA print pendant 3 mois pour en faire un spécialiste du online (une erreur énorme qui affaiblit clairement la qualité de la "grosse" production online en France par rapport à d'autres pays où cet amalgame est déjà de l'histoire ancienne).
- le fait que ces agences, effectivement partiellement peuplées de profils pas vraiment adaptés (pour être gentil), soient en général littéralement portées à bout de bras, sur les plans créatif et technique, par une poignée de DA/DC, DT et CP extrémement compétents et pointus dans leurs domaines respectifs, qui "rattrappent" en quelquesorte un manque de compétence parfois généralisé par ailleurs dans le reste de la chaîne. Malheureusement, au bout d'un moment beaucoup finissent par jetter l'éponge et par changer de crèmerie, ce qui explique à mon sens l'énorme turn-over qu'on constate dans les postes cadres (et pas seulement dans la "masse laborieuse" dont parle l'article).
- le fait que malgré tout il semble plus raisonnable de penser qu'il y a une "place" pour chaque type de structure : les grosses, avec leur puissance de feu gigantesque, les plus petites, avec leur potentiel créatif et qualité super-élevé, les locales et spécialisées, avec leur connaissance approfondie des milieux et des niches, et les freelances, en tant qu'électrons libres ultra pointus parfaits pour compléter une équipe sur un besoin précis ou donner une impulsion fraîche à un dossier qui stagne.
je vois mal comment les freelances par exemple pourraient arriver un jour à remplacer les grosses agences parisiennes, ils n'en ont pas les moyens et ce n'est pas leur métier. moi par exemple en tent que free ça me fait pas du tout envie, et je suis bien content en arrivant sur un dosser de voir la masse de travail de préparation déjà abattue par l'agence.
à l'inverse, les plus gorsses agences auront également toujours besoin de structures plus petites et plus réactives pour pouvoir répondre à tous les besoins et tous les contextes.
bref continuons plutôt de collaborer en bonne intelligence....
En conclusion donc, c'est pour moi un article qui pointe de VRAIS dysfonctionnement au niveau de la RH et de l'organisation des plus grosses agences qui pèsent sur la qualité, mais qui fait un peu trop de généralités et des prédictions hasardeuses, pour au final ressembler un peu plus à un billet d'humeur motivé (partiellement à raison) par une mauvaise expérience perso qu'à une vraie analyse de fond dictée par le recul.
Pour la "mort imminente" des webagencies donc, je pense qu'on a encore un peu de temps...
Message édité par : Yamo / 04-01-2008 01:36