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Conseils, suite logique ?

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Conseils, suite logique ?

Messagepar carlos » Lun 27 Mar 2017 13:48

Bonjour à tous !  :)

J'ai été actif sur le forum il y a quelques temps (très longtemps). Je participe moins mais viens souvent pour trouver des réponses à mes questions.
Actuellement dans une situation compliquée, je me permets de vous demander vos avis/conseils.

Depuis mon diplôme j'ai eu quelques CDD, puis CDD et Free en même temps, et ensuite Free dans une boite à 100% et pour finir Free à 100% chez moi. J'avais quelques clients dont un important, mais petit à petit suite à des réductions budgétaires je les perds, jusqu'à ce que le client important change de Responsable Marketing qui me demande de baisser mes tarifs de 70% pour continuer à bosser avec eux... J'ai dit non mais j'ai tout de même baissé mes tarifs (de 40% !) mais pas assez pour eux.

Donc depuis maintenant 8 mois au moins, j'ai des petits trucs par ci par là, mais je tape surtout dans mes économies pour les dépenses de tous les jours ! J'ai fait tout mon possible pour me faire connaître, pubs facebook/google, linkedin, parler de moi, donner ma carte de visite etc. Les clients pour lesquels j'ai bossé ont toujours été contents de mes tafs, donc le bouche à oreille... Et vu que je n'ai pas eu de CDI (pas trouvé) en agence, je ne me vois plus postuler pour un poste de graphiste pour le peu qu'il y en aie, vu qu'à mon âge de bientôt 37 ans, on s'attendra à un Directeur artistique senior.

Actuellement je suis sur Lille, et en rencontrant d'autres graphistes, j'ai l'impression que c'est tout ou rien. Sans parler de ceux qui acceptent de bosser pour 160€ la journée... no comment. J'ai discuté avec certains qui ont la petite trentaine, et qui s'en sortent très bien, mais ce qui m'a le plus étonné, c'est qu'ils ne font plus de graphisme depuis longtemps, mais ils se diversifient (conseil en comm, formateur etc). Mais paradoxalement, plus je rencontre d'autres graphistes, plus je vois que le milieu va mal ou alors ils pensent qu'il va mal et du coup ils baissent leur tarifs. Mais je reste persuadé qu'il y a des clients qui sont prêts à payer le prix juste !

Voilà où j'en suis, le moral pas au top ces derniers temps. Je sais que je peux apporter des solutions à des clients (en France ou à l'étranger !), peut-être que je ne suis pas aussi créatif qu'avant (le mythe ou la vérité sur l'âge et la créativité) mais me diversifier ne me dérange pas, au contraire !

Mais voilà ma question, pour ceux qui ont eu une formation de graphiste, mais qui se sont diversifiés ou pris d'autres directions ;
comment se diversifier ? Dans quelles spécialités ? Consultant en communication avec une formation ?
Si je peux éviter de devenir serveur...

Merci à vous de m'avoir lu, si vous avez des conseils à m'apporter, n'hésitez pas ;)
carlos
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Messagepar Yamo » Mar 28 Mar 2017 09:59

Salut,

Tu n'es effectivement pas le seul à connaître ce type de déboires actuellement. De mon côté par exemple, les deux dernières années ont été très très calmes. En 2017 les affaires sont meilleures mais il est très clair que les CA à 6 chiffres des années 2008-2012 sont derrière moi maintenant.
Ça n'est pas forcément un drame car cette baisse d'activité est à moitié volontaire, des tas de raisons (dont ma simple santé mentale) m'ayant poussé à choisir de travailler moins pour me consacrer à des projets plus personnels (désolé pour les macronistes mais je suis en effet convaincu qu'on devrait moins travailler à gagner de l'argent, et avoir plus de temps pour développer des choses, mais bon c'est pas le sujet).

Bref, subie ou accompagnée, cette baisse d'activité est donc une réalité pour moi comme pour un certain nombre de collègues graphistes qui bossent à l'origine principalement dans le webdesign.

Personnellement j'en ai isolé deux raisons :

- La première, c'est le nombre de nouveaux profils sur le marché. Le temps où les webdesigners qualifiés étaient une denrée rare est plus que révolu. Depuis 10 ans les écoles et filières ont poussé comme des champignons et ont formé des dizaines de milliers de jeunes professionnels arrivés depuis sur le marché du travail. Tous ne sont pas qualifiés loin de là, mais sur la masse, la concurrence sérieuse s'est bel et bien multipliée. Et comme en plus les jeunes/juniors/débutants sont traditionnellement payés moins cher, ceci pourrait expliquer la baisse globale de tarifs dont tu parles.

- La seconde raison, et probablement la plus importante, c'est la mutation profonde du marché du webdesgin depuis 5 ans. Pratiquement tout a changé dans ce secteur : les attentes (beaucoup plus standardisées qu'avant), les contraintes (le responsive et le reste), les outils (les frameworks, les CMS, etc), et par conséquent les compétences demandées qui se sont énormément déportées du graphisme créatif vers l'UI/UX et surtout le développement.
De fait la "crise" dont tu parles ici ne semble pas franchement affecter mes collègues développeurs (front ou back), qui eux semblent se tenir sur le haut de la vague où les webdesigners trônaient il y a 4 ou 5 ans.

En bref, pour la création web : Beaucoup plus d'offre, et nettement moins de demande. Il n'y a pas à chercher bien longtemps les raisons de ce tassement général dont tu dis être témoin.

Du coup la vraie question importante c'est, que faire ?
Je vois trois possibilités, qui bien évidemment peuvent se cumuler :

- D'abord, s'adapter à la nouvelle réalité du marché. Le webdesign créatif, à part dans quelques agences de niche qui gardent des clients particuliers, n'a plus la cote. La conception web repose aujourd'hui beaucoup sur l'application presque clinique d'un certain nombre d'outils et de standards graphiques, ergonomiques et techniques, l'objectif étant avant tout (sinon exclusivement) de proposer des produits simples et efficaces aux clients finaux, avec le moins de décorum, de singularité, voire même d'identité possible. Et je parle là des agences, mais c'est encore plus le cas avec les clients directs : aujourd'hui beaucoup d'entre eux, avec leurs besoins simples et standards, trouvent dans les CMS et les themes de bonne qualité tout ce qu'un professionnel du sur-mesure pourrait leur apporter ou presque, en 10 fois moins cher. Ce sont donc des pans entiers de la profession de webdesigner qui se sont envolés.
Pour moi, on vit en matière de création web ce que le graphisme en général a vécu pendant l'avènement du Style International (ou graphisme suisse) pendant les années 1950 à 1970 : une phase nécessaire de mutation totale et de standardisation des techniques et objectifs du graphisme afin de l'harmoniser avec ce qu'étaient devenus le commerce et l'industrie à l'époque, au détriment d'une certaine pratique artisanale du métier. On est alors passé d'un accent mis sur la création (cf l'Art Déco, les affichistes des années 30-40, etc) à l'apparition de grilles rigoureuses, de typographies utilisées partout (Helvetica et compagnie), d'une utilisation très cadrée des couleurs et des géométries, etc. Puis une fois ces nouvelles bases posées et bien exploitées pendant quelques décennies (elles le sont d'ailleurs encore aujourd'hui énormément dans ce nouveau webdesign dont je parle, ce qui est bien la preuve de cette parenté), les années 70 sont arrivées et ont a nouveau tout révolutionné, car il faut des règles fermes pour pouvoir les briser. Comme dans le web tout va beaucoup plus vite, j'ai donc l'impression qu'on vit en accéléré le même genre de chamboulements. L'arrivée des devices mobiles et de leurs nouvelles contraintes, l'adoption massive des services en ligne, des réseaux sociaux, des application et du e-commerce par le grand public ont précipité l'avènement d'un "style international" du webdesign, dont le flat design et ses timides variantes sont les meilleurs exemples. Pour faire très court, le web est passé du statut de galerie d'art à celui de supermarché. Il y aura très probablement d'ici quelques années, lorsque la technique et le marché auront évolué, un nouvel avènement de la créativité dans ce secteur, mais difficile de dire à quel terme.
Le choix d'un webdesigner d'aujourd'hui devrait donc logiquement être de s'adapter à cette évolution. C'est ce que font tous ceux qui se sont positionnés sur l'UI/UX design (parfois au prix de l'acquisition de compétences nouvelles réelles, parfois juste en changeant de nom pour surfer sur le terme...), et/ou ceux qui ont glissé vers la partie la plus technique du métier, c'est à dire l'intégration et le développement.

- Il y a aussi la voie de la montée en gamme et de l'hyper spécialisation. Je connais encore pas mal de collègues, parfois freelances mais surtout en agence, qui sont encore clairement DA web. Si on est très (très) bon dans le boulot, qu'on a un réseau solide, et surtout une bonne capacité à se faire connaître (via notamment l'utilisation poussée des blogs et réseaux sociaux au profit de son autopromotion) c'est un choix qui peut payer. Mais comme je le disais les places dans ce haut du panier sont rares et donc très chères, beaucoup plus qu'avant.

- Et il y a enfin la voie de la bifurcation, et que tu évoques toi-même quand tu parles de tes amis : glisser sur une branche plus ou moins éloignée de celle de départ : un secteur économique précis, un métier plus technique, ou au contraire l'élargissement des prestation vers une offre plus "agence", la formation, etc. L'idée ici c'est de mettre en valeur son expérience de 10 ou 15 ans de métier sur un nouveau créneau, nous évitant ainsi de repartir à zéro. Pour ce que j'en vois, ce genre d'évolution est très fréquente chez les freelances de 35/40 ans. J'ai l'impression de toute façon (car c'est mon cas j'ai aujourd'hui 38 piges) que la pratique de ce métier en freelance use plus vite qu'en salariat, et mène plus vite à se poser de sérieuses questions sur la suite de sa carrière, les nouvelles impulsions et orientations à lui donner.

Évidemment ces trois pistes ne sont pas les seules possibles, et peuvent totalement se cumuler (on peut très bien tenter de garder un pied dans son ancienne branche en favorisant certains clients, tout en lançant de nouvelles lignes en parallèle). Ce qui me semble certain par contre, c'est que la stagnation est la pire des solutions dans le cas présent.

Si je pouvais te donner un conseil, ce serait donc celui-ci : la crise de confiance que tu traverses actuellement est très répandue, et peut autant être une galère qu'une opportunité.
La galère, c'est si tu essaies de t'accrocher coûte que coûte à ton activité telle que tu la pratiquais jusqu'à maintenant, en espérant que tes clients d'avant reviendront si tu agites les bras assez fort. Ça je pense qu'il faut en faire le deuil, ça marchera plus.
L'opportunité, c'est si tu profites de cette grosse remise en question forcée pour évoluer vers de nouvelles pratiques, de nouveaux positionnements, voire de nouveaux métiers.

Ce genre d'évolution, quand tout marche bien on y pense souvent en se disant "je ferai pas ça toute ma vie, un jour j'aurai envie de changer de créneau" et en imaginant que ça arrivera quand on le décidera alors que non, c'est bien souvent le cours des choses qui nous met au pied du mur et nous force à faire ce changement qu'on aurait toujours volontiers remis à plus tard sinon.

Donc je ne peux pas te dire dans quoi te réorienter, quelles pistes explorer, quelles compétences nouvelles acquérir. Ça te concerne trop, toi et tes objectifs pour que moi je le sache. Par contre je peux te confirmer que la situation où tu es demande une évolution et une adaptation, et que c'est donc bien dans cette direction que tu devrais chercher. C'est donc le moment d'ouvrir tes yeux et tes oreilles en grand pour te remettre à l'écoute de toutes les opportunités d'évolution que tu pourrais croiser, un peu comme quand tu avais 20 piges et que tu cherchais pour la première fois ta place dans le marché du travail.
Rien que savoir ça peut peut-être (j'espère) t'aider à assumer ce choix et à mieux réfléchir à la suite...

Bon courage.

P.S. Si, un truc tout de même : attention avec la formation, c'est loin d'être la panacée. Comme c'est la piste la plus "logique" et "facile" pour quiconque est expérimenté dans son métier (il suffit de faire comme dans Top Gun, et de passer de pilote à instructeur), les profils demandeurs s'y trouvent là-aussi en grand nombre et les payes ne sont pas forcément faramineuses. Personnellement j'avais été approché par une école privée récemment et je me suis barré en courant quand j'ai vu les rémunérations proposées (sans aucune possibilité de négociation évidemment, parce que si t'es pas content y'en aura toujours 15 autres pour accepter), le tout pour un métier et des responsabilités importantes, ne serait-ce que vis-à-vis de tes élèves. Comme partout, il y a donc des postes très bien payés dans la formation mais qui ne poussent pas sur les arbres. Ça reste une piste intéressante à explorer mais ne mets pas tous tes espoirs là-dedans non plus.
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Messagepar yosh » Mar 28 Mar 2017 10:26

J'étais salarié et je suis redevenu freelance depuis environ 1 an, et même si ça marche gentiment je pense qu'on est loin des grandes heures du webdesign en free. J'ai un profil social media et je vois qu'il y a pas mal de demande là dessus aussi, pour de l'identité également. Je suis aussi de plus en plus consulté pour de la DA globale. Bref, à part dans certaines agences qui tiennent le haut du pavé j'ai l'impression que le webdesign senior c'est en pause pour le moment (sauf en reconversion UX).

Avec la vitesse du web, on est pas à l'abri d'un retour rapide de la compétence, vu que je (re)vois de plus en plus de sites "en flash" qui sont mis en avant et primés un peu partout. C'est encore timide mais je pense que ça va revenir. Par contre ça reste cantonné à certains secteurs (contrairement à avant où c'était partout) et l'augmentation de la navigation mobile fait que de toutes façons ça restera restreint.

Comme dit yamo de toutes façons il y a toujours un système de balancier et d'action/réaction, donc il faut voir comment ça évolue. Des fois le fun ne revient pas sur le même domaine, par ex si tout le monde se lasse des sites aseptisés, les marques peuvent se lâcher complètement sur les réseaux sociaux avec les trucs les plus délirants (genre snapchat envahi par les marques en mode quasi-guérilla). Ou via l'identité, quand le client veut un site calme mais une identité qui tue.

Bref tout ça est compliqué et engendre des questionnements, je me demande si la réponse se trouve même dans ce domaine d'activité, et est-ce que quand je serai encore plus vieux je ne me trouverai pas carrément autre chose en recommençant une vie professionnelle. je me donne encore 8-10 ans et je verrai :D
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Messagepar STPo » Mar 28 Mar 2017 11:20

Discussion intéressante.

Concernant l’évolution du web design : je partage en (grande) partie le constat de Yamo, je pense pour ma part que cette standardisation que l’on constate ces dernières années rapproche de plus en plus le média web du média print (ce qui ferait hurler mon moi de 2007, époque où les graphistes print s’essayant au web ruinaient tout notre travail…).

On est passé d’un web multimédia-animation-textures-expérience-interactive-bling-bling à un web policé, épuré, focalisé sur le contenu (texte, photo, vidéo) et utilisant quasi exclusivement pour sa mise en forme la typo, les aplats et le vectoriel : exactement comme ce qu’est la presse papier depuis des années. C’est pour moi une forme de maturité : le temps de l’aventure est révolu, tout s’est industrialisé et les profils sont bien plus rarement autodidactes que par le passé.

C’est une victoire pour les amoureux des standards et des performances qui pestaient contre les gourmandes « expériences immersives » en formats propriétaires, mais elle est doublée d’une défaite créative et politique effrayante à bien des égards : difficile d’en vouloir à ceux qui regrettent ce terrain de jeu foisonnant qu’était le web de Flash, l’excitation de l’exploration d’un média encore à défricher, l’absence des GAFA et des régies pub qui l’ont totalement castré depuis…

Cela étant Javascript rattrape doucement ses 10 ans de retard sur Flash et on voit réapparaître des sites qui sortent un peu des sentiers battus, et cette fois-ci codés tout en formats standards… avec ce renouveau certain émergent des profils créatifs techniques (creative JS developers, etc.) qui à mon avis vont être très recherchés ces prochaines années (et le sont déjà, en fait). Peut-être une bonne voie de reconversion, déjà empruntée par pas mal d’ex-flasheurs d’ailleurs… mais pas la plus facile.


Pour en revenir à ton sujet de départ, 2016 a été ma meilleure année en tant que web designer freelance d’un point de vue financier. J’ai atteint un CA que je n’aurais jamais imaginé faire, et je l’analyse de la façon suivante :

- J’ai toujours eu un profil double : la partie créative de mon travail (Photoshop pour faire court) est souvent liée à sa mise en œuvre technique immédiate (HTML/CSS/JS), ce qui fait qu’on vient me chercher pour une prestation « globale » (je mets des guillemets parce qu’il y a aussi plein de choses que je ne fais pas, mais c’est un package assez complet tout de même). Ces dernières années j’ai régulièrement réalisé des prestations groupées qui allaient de l’identité (logo, charte) à l’intégration HTML (responsive & co.), en passant par la case web design (UI). C’est donc un profil qui s’intègre parfaitement dans l’évolution du média web dont parlait Yamo, et je pense que c’est le point clé de ma réussite actuelle.

- Le profil que je viens de décrire est le mien depuis des années, mais il ne s’est révélé vraiment pertinent d’un point de vue commercial que tout dernièrement. Avant, la créa c’était un truc de pubard ou d’artiste : on considérait un designer qui savait *aussi* faire du HTML comme un amateur (souvent à raison du reste) et on ne lui confiait pas de gros projets. Aujourd’hui, c’est tout le contraire : avec l’avènement du responsive, la maîtrise du code est devenue un argument commercial central dans mon offre, car non-seulement je peux anticiper ce que va rendre une créa dans le navigateur mais je peux aussi la rendre directement moi-même, en faisant de mes livrables non pas une archive de PSD mais bien des gabarits HTML prêts à l’emploi. Ce discours qui était jusqu’à il y a peu inaudible pour les agences et les gros clients est aujourd’hui devenu vendeur.

Dans mon cas (très particulier), j’ai donc l’impression que le marché s’est adapté à mon profil, ce qui explique que ça marche pas mal pour l’heure.
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Messagepar kob » Mar 28 Mar 2017 11:22

Mon dieux que ce sujet me parle :) Perso j'ai 38 ans et bientôt 16 ans dans le web.
Chaque profil est différent (expérience, goûts, envie d'évolutions, famille) mais à 40 ans il est important à mon avis de s'interroger sur ce que l'on veux faire. Ce qu'on aime faire. Plus dur ce qu'on aimerait faire dans les prochaines années.

De mon coté j'ai essayé de mettre le nez dans les CMS type wordpress, car j'ai ressenti aussi une difficulté toujours plus grande a expliquer le pkoi de la valeur d'une création spécifique VS les solutions CMS toujours plus complètes. Du coup j'ai testé les Wordpress pour des potes mais ç'est clairement pas un truc qui m'éclate. Je n'ai clairement pas de valeur ajoutée.
Moi je m'épanoui en cherchant des concepts créatifs, des navigations et chartes graphiques personnalisées, des processus de conversions de visiteurs en contacts clients...

Niveau tendance creative je rejoins l'analyse de Yamo sur le retour / l'évolution actuelle des sites "flash ".
Comme je n'ai pas envie d'apprendre les CSS élaborées j'en suis arrivé à la conclusion que personnellement dans mes prochain projets il faut que je me rapproche de front designer a l'aise avec ses techno de conception et intégration. Pour moi pouvoir me concentrer sur la création en oubliant les contraintes techniques au maximum.
Dans mon dernier projet j'ai par exemple revu ma manière de concevoir les sites. Avant je livrais un PSD sans plus de précisions concernant les anim & interactions. Là j'ai ouvert After et fais des vidéos d'anim des interactions, fait un proto invision du cheminement sur le site, et choisi très attentivement le front dev a qui sous traiter l'intégration.
J'avoue avoir explosé littéralement le temps passé sur ce projet. J'espère qu'au final le résultat sera à la hauteur. :lol:
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Messagepar cassac » Mar 28 Mar 2017 11:24

Je souscris complètement à ce qui est dit au dessus par Yamo.
Le marché du graphisme a changé de façon très rapide depuis les 2/3 dernières années. Comme d'ailleurs, il s'était transformé très rapidement dans les années 2000, où les besoins du web ont commencé à exploser.

Je ne vais pas paraphraser tout ce qui a été dit , mais je vais juste évoqué comment je tente de mon coté de m'adapter à ces mutations.

Comme beaucoup de gens ayant commencé début 2000, je me suis spécialisé en digital par la force des choses. Je me suis donc retrouvé à faire beaucoup de webdesign plutôt "ludique" et destructuré. Cela incluait de animation , de la retouche photo , d'illustration, de décors, etc. Bref pas mal de choses un peu créative, et qui n'était souvent que des interfaces très poussées.
Avec l'avénement de la grille et des sites UI/UX , ce travail s'est déplacé naturellement. Si tous les sites ressemblent à des quadrillages, la plus-value du graphiste, se trouve maintenant dans le contenu des p'tits blocs et du sempiternel header :). Par exemple je faisais pas mal d'animations flash d'interface, je me suis formé pour faire un peu de vidéo pour pouvoir pallier à de nouveaux besoins d'animatique, différent mais utilisant un peu les mêmes recettes. Pareil pour la retouche photo avec de la création de visuel très spécifique pour faire les contenus des sites,avec valeurs ajoutés sans se prendre le chou sur le design global.

Un autre aspect possible pour s'adapter, quand on a un peu d’expérience, est de proposer un service proche de celui d'une petite agence.
L'idéal est de trouver un créneau stable directement chez un annonceur. Il faut apporter à la fois le conseil , l'idée et la réalisation , donc c'est pas toujours simple. Mais si la relation se crée, ça vaut vraiment le coup. Surtout en situant ses tarifs entre ceux d'un freelance et d'une agence.
J'ai l'impression qu'avec tous les changements lié au marché du travail et la grosse visibilité récente du freelancing , les annonceurs commencent à comprendre que les agences travaillent avec des profils freelance très autonome. Et que travailler directement avec eux peut-être une source d'économies, sans réellement impacter la qualité.

Ce sont les deux axes que je suis, ça fonctionne suffisamment pour le moment... Mais je suis a peu près sur de changer de métier une fois la quarantaine passée
Dernière édition par cassac le Mar 28 Mar 2017 14:24, édité 1 fois.
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Messagepar GoulvenBARON » Mar 28 Mar 2017 13:38

Cool, un sujet pour vieux !
Alors je ne vais pas redire moins bien les conseils et constats fait au dessus.

Je suis pile poile dans la cible, en encore plus vieux, j'ai 42 ans, indépendant depuis 12 ans.
J'ai donc connu le web où on bricole tout soit même dans des tableaux (et ça tient), et j'ai vu arriver les différentes vagues techniques que j'ai laissé passé ou qui me sont passées dessus. Je suis aujourd’hui incapable d'aligner 3 lignes de css sans faire de copié collé.
Par contre je sais ce que c'est qu'un projet web, travailler avec un dev, un inté, un marketeur, un referenceur. Ma valeur ajoutée est donc dans la gestion de projet, je bosse régulièrement avec une agence qui me délègue cette partie.
Je suis aussi (et beaucoup) formateur, à la fac, dans des boites privées, avec la CCI, le Cnam ... c'est une certaine sécurité car récurent et étalé sur l'année (même si tous les contrats restent précaires), et ça m'a surtout remis à niveau sur pleins de choses, quand on a des étudiants il faut être à jour sur ce qu'on va apprendre et conseiller. La formation n'est pas toujours bien payée, ça reste chronophage (outre les journées de présentiel où ne fait rien d'autre, il faut préparer cours et supports, ça m'arrive d'y passer 3 jours pour une journée). Il y a la route, et la fatigue.
Ma troisième (ré) orientation, c'est l'UX, terme dont je me moquais comme tout le monde il y a quelques années, mais je me rends compte aujourd'hui de la plus value de cette approche pour les projets clients.
Concrètement aujourd'hui dans un projet web, je vais m'occuper de la partie wireframe, prototypes et tests utilisateurs. Là encore en sous traitance d'une agence.
Ce qui est certain, c'est que je ne peux pas me mettre en concurrence de jeunes free qui sont au taquet techniquement en inté, je ne parle même pas de dev. Je guette aussi des offres de postes fixes, parce que je commence à fatiguer de devoir aller chercher la thune, d'avoir des revenus en montagne russe, même si je sais que j'y perdrais en liberté (en particulier de travailler avec qui je veux).

Pour résumer, je pense que à notre age il faut envisager les deux pistes :
Le salariat mais ne pas forcément viser les postes en agence : il y a des postes chez l'annonceur, ou dans des organismes publics, dans lesquels on sera largement qualifié par rapport à ce qui s'y fait,
Monter en gamme, en devenant plus consultant, expert, intervenir à un autre niveau sur les projets, en pilotage ou avec une spécificité UX.

Pour ça il faut communiquer autrement, sur soi en particulier, j'ai passé pas mal de temps dans des réseaux professionnels ces dernières années et je ne suis plus identifié du tout de la même manière (avant de fait j'étais quasi invisible).
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Messagepar GoulvenBARON » Mar 28 Mar 2017 13:43

Un aspect important c'est que aujourd'hui je travaille en réseau, et que mes contrats me viennent de ce réseau à 80 %, être recommandé par quelqu'un c'est la meilleure prospection.
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Messagepar heybrgr » Mar 28 Mar 2017 13:47

Des clients prêts à payer le prix juste, il y en a toujours, mais de moins en moins pour des prestations "basiques". Pour du graphisme simple (flyers, bannières) n'importe quel stagiaire / CM leur suffira, et pour le webdesign n'importe quel thème Wordpress premium fera l'affaire dans 90 % des cas. Comme dit plus haut il n'a jamais été aussi simple d'avoir des compétences techniques, ce n'est donc pas là que les seniors vont trouver leur valeur ajoutée.

Il faut donc se réorienter vers la stratégie et le conseil, ce qui ne veut pas dire ne pas faire de design, mais avoir un vrai rôle de directeur artistique, en proposant une réflexion en amont sur l'image de la marque et quelle orientation lui donner. Le rôle du réseau est aussi important, être capable de superviser un projet en sélectionnant des prestataires adaptés (développeurs, illustrateurs, vidéastes...) est un vrai plus.

La formation est aussi une piste envisageable, ceci dit ce n'est pas toujours très rémunérateur. Baisser ses tarifs n'est en tout cas pas une solution.
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Messagepar lkjc » Mar 28 Mar 2017 14:01

Certains d'entre vous sont ils dans des réseaux avec cooptation ?
genre reseau avec un seul webdesigner, un seul avocat, un seul comptable.... où chacun est susceptible de recommander une autre personne du reseau afin d'elargir la clientele ?
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